C'est une maladie qui sévit dans les noms propres alsaciens. Alors que les Allemands peuvent très bien écrire leurs noms Sägebrecht, Händel, Böhm, Röthinger, Müller ou Münch, les Alsaciens qui portent les mêmes noms écrivent (écriraient) Saegebrecht, Haendel, Boehm, Roethinger, Muller, Munch.
Vous l'avez remarqué : dans le cas de ä et de ö, on use des graphies ae et oe ; pour ü, on se contente de supprimer le tréma. Il es vrai que les Suisses écrivent souvent aussi leurs noms Baehr ou Moench. Mais ne parlons plus des noms de famille, c'est un sujet qui fâche. Prenons simplement les noms de lieux.
Chez les Alsaciens, cela prend vraiment l'air d'une sorte de maladie : le tréma "fait allemand", alors on en a peur. Bon, lorsqu'il s'agit de Haegen, de Maennolsheim, de Boersch ou de Schoenau, il n'y a finalement pas d'inconvénient réel à écrire oe plutôt que ö, ou ae plutôt que ä. Mais il est absurde de supprimer le tréma de Düppigheim, de Günsbach, de Müttersholtz, de Stützheim, de Trüttenhausen etc. Il devient de plus en plus courant que même de bons dialectophones, à force de n'entendre parler de ces lieux qu'en contexte francophone, ne sachent carrément plus que c'est un ü que porte le vrai nom du lieu. Du coup ils prononcent comme si on avait en français "ou", ce qui défigure ces noms.
Ayons le courage d'utiliser le tréma, au moins sur les noms de lieux comportant des ü, car il y va de leur intégrité !